Par Equipe Beavy, le

Esthétiquement, une maison passive (ou maison positive) ne diffère pas d’une maison classique. Elle a cependant la particularité d’être très peu gourmande en énergie et de recycler celle qui est produite par le bâtiment. Elle permet ainsi de faire jusqu’à 90 % d’économies par rapport à une maison traditionnelle tout en offrant un confort optimal.

Ce type de maisons, avec la maison connectée et la maison modulaire (mais pourquoi ne pas jouer sur les 3 tableaux ?) est assurément la maison de demain.

Quel est le fonctionnement d’une maison passive ?

La maison positive est conçue de façon à réutiliser l’énergie produite par ses occupants et par ses appareils électriques tout en fonctionnant à l’énergie solaire. Dotée d’une isolation thermique ultra-performante, elle s’appuie également sur sa ventilation et ses apports en énergie, tout cela lui permettant de consommer le moins d’énergie possible.

Grâce à son isolation, la maison conserve le frais l’été et garde la chaleur l’hiver. Elle offre donc un confort idéal tout au long de l’année, avec très peu de besoins de chauffage et de climatisation. Elle est en effet chauffée par les rayons du soleil passant au travers des vitrages ainsi que par l’énergie fatale générée par les occupants et les appareils qu’ils utilisent. Lors d’une période de grand froid, une puissance de 10W/m2 habitable est suffisante pour maintenir une température confortable. Pour information, c’est environ 4 fois moins qu’une construction RT2012, 10 fois moins qu’une construction RT2005 et 30 fois moins qu’une maison ancienne à l’isolation sommaire.

Dans une maison classique, c’est l’entreprise de chauffage qui va assurer le confort du bâtiment en dimensionnant un système de chauffage qui puisse maintenir une température suffisante quelle que soit la température extérieure et malgré les pertes de chaleur incontrôlées. Dans une construction passive, les caractéristiques thermiques sont définies dès la conception du projet de façon à assurer une situation de confort sans avoir à chauffer de manière permanente. C’est donc de l’ architecte et de son étude du projet que vont dépendre l’efficacité énergétique de l’habitation et la sensation de confort ressentie par les occupants. Pour aller plus loin dans la maison passive

 

les panneaux solaire pour avoir une maison passive

 

Les différents types de maisons positives

Ces maisons sont le plus souvent fabriquées en bois mais il est également possible d’utiliser des briques ou des parpaings, du moment que la construction obtient un bon résultat au calcul énergétique.

Le bois est le matériau écologique par excellence. Il s’agit d’un isolant thermique particulièrement performant et il permet de profiter d’un habitat agréable à vivre, sain et très esthétique. Les parpaings et les briques ont quant à eux des propriétés isolantes assez faibles. Lorsque l’on choisit ces matériaux pour construire une construction positive, il faut donc miser sur une isolation ultra-performante. Sachez cependant qu’il existe aujourd’hui un nouveau type de briques, appelées monobriques, dont la structure alvéolaire permet d’optimiser les performances thermiques d’un bâtiment de façon notable.

Quel que soit le matériau dans lequel la maison est construite, il faut qu’elle respecte 4 critères pour être labellisée. Ces critères sont les suivants :

  • Les besoins en énergie de chauffage doivent être inférieurs à 15 kWh d’énergie par mètre carré et par an.
  • La consommation en énergie primaire ne doit pas excéder 120 kWh par mètre carré et par an.
  • La température intérieure ne doit pas dépasser 25°C plus de 10 % du temps.
  • L’étanchéité de l’air doit être optimale, les fuites et les passages d’air devant être compris entre n50 ≤ 0.6 h-1.

Comment bien concevoir son projet ?

Le rôle de l’ architecte est primordial pour la réussite d’un projet passif. C’est en effet lui qui conseille le client et garantit les performances du bâtiment sans en oublier l’aspect esthétique. Pour cela, il prend en charge le projet de A à Z, à savoir de son implantation jusqu’à son organisation en passant par la conception des volumes et le choix des matériaux utilisés. C’est également lui qui gère toutes les étapes du projet : conception du bâtiment, montage financier, suivi du chantier, réception… Il joue donc le rôle de référent, pour le client comme pour les ouvriers ou le promoteur, lorsqu’il y en a un.

Lorsqu’il travaille sur un bâtiment passif, l’architecte doit de plus porter une attention toute particulière à des petits détails qui pourraient mettre la réussite du projet et son objectif énergétique en péril. Un des éléments primordiaux dans la réussite d’un projet passif est le terrain sur lequel la maison va être construite. Idéalement, il faut en effet qu’il soit orienté plein sud, qu’il n’y ait pas de vis-à-vis côtés sud, sud-est et sud-ouest et qu’il soit protégé des vents.

La forme de la maison est également un point extrêmement important. Pour exemple, une maison rectangulaire bien orientée pourra permettre à ses occupants de disposer de pièces de vie dotées d’immenses ouvertures vitrées orientées vers le sud. En ne cloisonnant pas les pièces, la chaleur pourra de plus circuler et être distribuée dans l’ensemble de l’habitation.

Si l’orientation sud de la maison permet de limiter considérablement les dépenses de chauffage, il convient de protéger le bâtiment de la chaleur estivale. Pour cela, les architectes créent le plus souvent des avancées de toit qui empêchent le soleil de pénétrer en été, lorsqu’il est plus haut.

Pour ce qui est de la VMC, elle doit être impérativement à double flux, ce qui lui permet de récupérer les 3/4 de la chaleur afin de les réinjecter à l’intérieur du logement. Ainsi, l’hiver, c’est elle qui constitue la plus grande part du chauffage.

Maison positive et protection de l’environnement

On assiste depuis quelque temps à une prise de conscience de l’impact environnemental des habitations modernes et de plus en plus de personnes s’interrogent sur la pollution générée par les systèmes de chauffage. C’est pourquoi les architectes concentrent leurs efforts sur la création de bâtiments de moins en moins polluants et dont la production d’énergie est renouvelable afin de coller le plus possible au rêve de l’habitation à émission zéro en carbone.

Pour augmenter encore le bénéfice écologique de telles constructions, il est bien sûr possible d’y faire entrer la domotique. La maison connectée obtenue pourra alors se gérer à distance pour un contrôle de l’énergie encore facilité.

Enfin, certains architectes proposent une maison modulaire, généralement conçue pour de petits terrains et dont la surface habitable est comprise entre 50 et 150 m². Sa toiture peut s’adapter au style de la région et elle peut être mitoyenne ou pas, reliée à une autre par un îlot d’habitation ou pas… Mais l’un de ses principal avantage est qu’elle est pensée pour s’adapter aux possibles handicaps de ses occupants et notamment aux personnes âgées ou à mobilité réduite. Il est donc tout à fait possible à notre époque de bénéficier d’un habitat confortable, écologique, peu gourmand en énergie, esthétique et accessible à tous.

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