TOUT SAVOIR

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

Couramment employé dans les régions les plus humides et froides du monde, le chaume est la tige de plantes résistantes, faciles à mettre en bottes et adaptées à un tel usage. Le chaume peut être issu du seigle, du blé, du sarrazin, du genêt, du fin roseau ou de l’osier.
Durant des siècles, le chaume a recouvert le toit de milliers d’habitations. Quatre fois plus léger que des tuiles ordinaires, il permettait de construire une charpente très simple et de qualité médiocre, bricolée main, à la portée des pauvres paysans du passé.

Aujourd’hui, les toits de chaume connaissent un renouveau sensible.

FONCTIONNEMENT ET DOMAINE D'APPLICATION

Le chaume est constitué de tiges creuses de graminées séchées et utilisées de manière à constituer une couche étanche et isolante. Regroupées en fagots, ces tiges sont serrées puis attachées à la structure de la charpente de manière à constituer un écran dense et étanche.

Avec une toiture en chaume, deux constructions sont possibles : la toiture ouverte traditionnelle et la toiture fermée (également appelée toiture à vis).
La toiture ouverte en chaume n’est pas recommandée en éco-construction car elle entraine une perdition d’énergie importante. Son isolation est possible mais plus difficile qu’avec une toiture fermée et elle est surtout inflammable.
Dans le cas d’une toiture fermée (ou toiture à vis), le chaume est attaché à une base dense, comme une plaque d’isolation, un contreplaqué ou une sous-couche. La sécurité incendie est améliorée grâce à la base fermée. Avec un tel système, il est également plus facile d’atteindre les valeurs d’isolation qu’avec un système traditionnel.

Si la toiture est bien développée et le chaume est installé avec compétence, la durée de vie est, au minimum, de 25 années. Cependant, une durée de vie plus longue est possible. En pratique, il y a beaucoup de toitures en chaume qui sont encore en bonne condition après 35 ou 40 années. Plusieurs paramètres sont déterminants pour atteindre cette durée de vie.

  • L’angle d’inclinaison de la toiture : Plus la toiture est raide, plus l’ensemble restera au sec. Une toiture qui reste humide, durera beaucoup moins longtemps. Les toitures qui ont un angle d’inclinaison de moins de 35 degrés, sont donc inaptes à être couvertes en chaume, parce que l’humidité ne peut pas être transportée d’une façon naturelle. Une toiture d’un angle d’inclinaison de 45-50 degrés est idéale. La durée de vie de celles-ci se situe entre 28 et 40 ans.
  • La qualité de l’entretien de la toiture : Les ennemis les plus importants d’une toiture en chaume sont les algues et les mousses. Ceux-ci peuvent former une couche fermante sur le chaume et l’empêcher de respirer et donc de sécher. La qualité du chaume diminue alors vite. Il est donc important de bien entretenir la toiture à l’aide d’un produit qui repousses les algues et les mousses. Il est conseillé de confier ce travail à un artisan spécialisé en chaume car un mauvais usage du produit peut, par exemple, entrainer des moisissures.
  • L’excès d’ombre d’arbres situés aux alentours n’est pas non plus favorable à la durée de vie de la toiture. Une toiture en chaume qui se trouve dans une forêt n’est donc pas toujours le bon choix. Comme elles peuvent avoir une influence négative sur la capacité de sécheresse du chaume, les feuilles et des aiguilles de pin doivent être enlevées au moins une fois par an de la toiture.

Aujourd’hui, des artisans chaumiers maîtrisent la technique qu’ils héritent d’une longue tradition. Ils sauront poser une couverture en chaume durable et conseilleront l’emploi d’osier, de roseau ou de genêt, qui ne demandent, eux, pas plus d’entretien qu’une toiture de tuiles ordinaires, à savoir un démoussage (tous les 10 ans environ) et quelques remplacements.

LOCALISATION

CONTRAINTES GÉOGRAPHIQUES

Les toits en chaume sont conformes à une certaine architecture en Bretagne, en Camargue, en Vendée, en Auvergne, dans les régions de montagne et surtout de la Normandie.

PRIX

LE COÛT

On estime que le coût d’un toit en chaume se situe entre 120 et 150 euros /m2, pose incluse.

Cette valeur peut être dissuasive, surtout quand on la compare aux 25 euros des prix d’entrée de gamme des tuiles en terre cuite. La couverture en chaume coûte donc plus cher que les couvertures classiques en raison exclusivement de la main d’œuvre : le temps de travail est relativement important. Néanmoins, ce surcoût est en partie, voire totalement, compensé par le fait que la toiture en chaume est moins exigeante en termes de charpente, qu’elle ne nécessite pas l’installation de gouttières et qu’elle ne nécessite pas d’isolation supplémentaire.

AVANTAGES

TOUS LES AVANTAGES

  • Les toits en chaume sont durables, outre le fait qu’ils sont constitués de matériaux naturels, ils ont une importante durée de vie .
  • Les toits en chaume sont insensibles au gel, à la grêle et à la neige.
  • Ils sont de bons isolants thermiques (30 cm de chaume équivalent à environ 10 cm de laine minérale et peuvent même être installés sur des panneaux isolants pour une plus grande efficacité).
  • Ce sont de bons isolants acoustiques (pas de bruit de pluie sur le toit).
  • Ils sont légers (ils ne demandent pas une charpente trop robuste).
  • Ils évitent l’installation de gouttières.
INCONVÉNIENTS

TOUS LES INCONVÉNIENTS

  • Si ce type de couverture s’adapte parfaitement à de nombreux styles architecturaux de charpente, le chaume ne peut être utilisé en couverture que sur les toits dont la pente est supérieure à 35°. En-deçà, la pente n’est pas suffisante pour éviter la stagnation de l’eau, ce qui peut induire un pourrissement du chaume.
  • Pour installer une cheminée dans une maison avec un toit de chaume, il faut prévoir des dépenses supplémentaires au niveau de l’évacuation pour l’installation d’un extincteur de flammèches. Le conduit devra également être d’une section suffisante pour éviter qu’il chauffe de manière excessive.
  • Si la durée de vie du toit en chaume est longue, l’entretien régulier est nécessaire pour éviter le pourrissement (traitement anti-algues et anti-mousses, enlèvement régulier des branches surplombant le toit pour éviter une accumulation de rosée au même endroit, ramassage au moins une fois par an des feuilles et des aiguilles de pin.
  • La couverture en chaume coûte plus cher que les couvertures classiques en raison exclusivement de la main d’œuvre : le temps de travail est relativement important.